Patricia Auriel
Biographe et auteure de roman
Sous la plume, l'élan.
« On devrait toujours être légèrement improbable. » – Oscar Wilde
Patricia Auriel a fait sienne cette phrase. Elle l’a accrochée à son cœur comme un étendard discret.
Parce qu’il faut du courage pour se réinventer, à 50 ans passés. Parce qu’il faut aussi beaucoup d’amour, pour les autres, pour soi, pour prendre la plume et raconter des vies.
Son histoire n’est pas une ligne droite, mais une série d’élans, de sauts vers l’inconnu. Une trajectoire guidée par une boussole intérieure : celle du sens.
2015 : première brèche, premier rebond
En 2015, Patricia est confrontée à un licenciement économique, conséquence d’un rachat d’entreprise. Ses fonctions administratives sont jugées redondantes. Elle entame seule une recherche d’emploi, mais sent rapidement le besoin d’un soutien. Elle rejoint alors l’association Action Femmes Grand Sud, qui accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi.
Ce court passage de quatre mois sera décisif. Elle y trouve de la chaleur humaine, un cadre porteur, et surtout, elle y retrouve confiance. Trois mois plus tard, elle est recrutée dans une PME, distributeur de logiciels et organisme de formation.
C’est aussi là, sans le savoir, qu’elle tisse des liens durables : c’est via ce réseau, dix ans plus tard, qu’un contact la mettra en relation pour faire entendre son histoire.
2020 : retourner à l’école à 50 ans
Sa vie professionnelle s’enrichit jusqu’à occuper un poste de bras droit de dirigeant dans une PME, en tant que directrice administrative et RH. Mais une certaine frustration s’installe : l'absence de diplôme reconnu la freine dans ses projets d’évolution.
Alors elle décide de reprendre ses études. À 50 ans, elle s’inscrit à un master en Management et Administration des Entreprises à l’IAE de La Rochelle. Une formation à distance, en asynchrone, qu’elle mène de front avec son CDI.
"Les trois premiers mois ont été très difficiles", dit-elle. Mais elle s’accroche. Elle apprend, collabore, dépasse ses limites et brille par ses résultats.
2023 : le point de rupture
Son diplôme en poche, elle espère évoluer au sein de la structure qui l’emploie mais la Direction change, les méthodes également et la situation économique de l’entreprise ne le permet pas. Inconfort et désalignement remontent à la surface.
Elle essaie pourtant, s’adapte, encaisse. Jusqu’à ce qu’une pause devienne indispensable. Alors pour la première fois, elle se l’autorise. Elle s’arrête quelques semaines pour souffler, se retrouver et, enfin, elle ose cette question simple mais puissante :
"Qu’est-ce que je veux vraiment faire de mes prochaines années ?"
La biographe en germe depuis dix ans
La réponse est là, tapie dans un coin de son cœur depuis dix ans. L’idée de transmission l’habite. Elle veut écrire. Elle veut devenir biographe familiale. Mettre des mots sur les vies, recueillir les souvenirs, offrir des récits en héritage.
Mais le doute est tenace. Le sacro-saint syndrome de l’imposteur lui murmure qu’elle n’en est peut-être pas capable. Alors elle ose le premier pas dans un cocon de confiance : sa grand-mère, 94 ans, accepte d’être son "cobaye". Elle rédige une biographie intime, imprimée à 10 exemplaires, uniquement pour la famille.
Et là, c’est une évidence. Dans l’écriture, Patricia retrouve un bonheur ancien. Celui de l’adolescente qui s’inventait des histoires. Et elle comprend qu’elle est exactement à sa place.
2024 : se lancer malgré tout
A l’automne 2023, elle se sent prête et organise son départ de l’entreprise pour lancer, dès janvier 2024 deux activités parallèles :
du consulting administratif et RH, pour assurer une sécurité financière,
la biographie familiale, (Plume et souvenirs), qu’elle professionnalise via une formation.
Après un démarrage rapide, la réalité la rattrape : elle réalise qu’elle ne peut pas mener de front les deux activités. Elle choisit ce qui la fait vibrer : la biographie, l’écriture.
Un roman né d’un mémoire… et d’un rêve
Au cours de la même année, elle retrouve une autre idée, entamée puis mise de côté : un roman !
Ce roman a une origine inattendue. Lors de son master, elle avait proposé un sujet de mémoire hors normes : " Créer une structure visant à organiser les rêves des personnes âgées." Une étude de faisabilité farfelue ? Pas pour elle.
Alors elle reprend cette idée, en fait une fiction, un récit sensible qu'elle achève en août 2024.
2025 : s’auto-éditer, et s’assumer
Patricia tente d’abord les maisons d’édition. Mais les silences ou refus s’accumulent. Hors de question de laisser son texte dans un tiroir. Alors elle s’auto-édite. Elle apprend la maquette, la diffusion, la communication.
"C’est 10 métiers en un", partage-t’elle sur linkedin. Mais elle y arrive.
Le roman paraît le 1er juillet 2025. Et, dans la foulée, elle organise sept séances de dédicaces dans le Périgord, sa terre natale et celle de son héroïne. La boucle est bouclée.
Aujourd’hui : entre sécurité et passion
Patricia sait qu’on ne vit pas facilement de sa plume. Mais elle sait aussi que sa plume lui a permis de se relever. De se réinventer.
Elle cherche désormais un poste salarié, d’adjoint de direction ou de responsable administrative et RH dans un environnement PME. Un cadre stable, qu’elle connaît et qu’elle aime.
Mais elle garde l’écriture comme une respiration précieuse.
Et surtout, elle a compris une chose essentielle :
"Le plus beau cadeau qu’on puisse se faire, c’est de se surprendre soi-même."
À 56 ans, Patricia Auriel est une femme inspirante et… légèrement improbable.
Et c’est exactement pour cela qu’on a besoin d’entendre son histoire.

